Quelques travaux réalisés par les enfants de la classe de l'école Giono lors du dernier atelier. La contrainte première étant de photographier ce qui nous rattache à la cité. Ma fenetre, les
parties communes, les endroits que j'aime...
Dans cette première étape nous guide le poème de Depestre "La riviere", et plus particulièrement son premier paragraphe, dans lequel il nous affirme la necessité d'"être au monde".
« l’imprudent qui s’engage dans le labyrinthe perdu dans l’obscurité où se répercutent les bruits les plus étranges,
doit vaincre sa peur. L’égaré est rejeté de perplexités en perplexités également insolubles. Ainsi Thésée en effectuant un long cheminement avant de parvenir à la chambre centrale a dû vaincre sa peur et s’interroger
à chaque carrefour. A chaque détour il s’est dépouillé un peu plus de lui-même. Nous pouvons nous demander si Thésée alors dépouillé de son orgueil ne s’est pas rencontré lui-même. Par un jeu de
miroir il a reconnu dans la bête lui faisant face tout ce qui était factice en lui. »
J.P. Bayard
(Symbolique du labyrinthe)
Les nouvelles du japon...
La conscience que demain peut être les fleurs ne pousseront plus, A langlet santy on peint des roses sur la façade d’un immeuble
" Ils vont peindre des roses, là. Pourquoi ils ne repeignent pas la façade ?"
Une femme aux cheveux blancs et au regard absent. Elle frotte le sol de ses pieds en un va et vient
régulier. Elle est assise sur un fauteuil dans le hall de la résidence.
J’arrive, je m’affale, épuisée, après 40 mn de vélo : la distance qui sépare Langlet Santy du centre ville,
dans le brouhaha et les pots d’échappement, dans un fauteuil à côté du sien.
Vous avez l’air fatigué ? Oui Vous voulez que je vous aide ? C’est le monde à l’envers....!
Tout est parti, tout est parti c’est ça la
vieillesse … Je suis seule, seule, seule, je suis bien seule ça c’est la vieillesse
Exil...
Une femme passe et repasse dans la salle et les couloirs comme si elle cherchait quelque chose ou
quelqu’un…
Vous savez on s’ennuie.Vous avez un truc pour rentrer
chez soi ? Un homme vient la chercher et lui propose de la ramener dans sa chambre. J’ai un appartement au 1er étage.Je voudrai rentrer chez
moi. Elle sort de la pièce, revient quelques minutes plus tard J’peux vous aidez j’cherche quelqu’un pour discuter ? Elle fait un tour et revient J’vois que vous avez des papiers, c’est là l’animation ? Elle passe et repasse C’est là l’animation, à quel heure ? On lui apporte du linge à plier...
« Nous migrons insensiblement de l’ancienne conception de l’identité comme « Etre » à une conception aventureuse
de l’identité comme «Relation ».
L’identité soit personnelle soit collective ne s’édicte pas, elle procède d’une naturalité et son mystère est plus magnifiable
que ses définitions. C’est d’ailleurs cette dernière modalité qui a rendu possible les avatars fascistes
de l’identité ou qui les maintient encore. »
« La relation est imprévisible : l’une des premières approximations que j’ai proposées des phénomènes de créolisations
c’est qu’ils sont imprédictibles. »
« Un peau-rouge est assis à ma porte Jour et nuit il fume sa pipe Il ne veut ni entrer sous mon toit Ni reprendre sa longue route »
René Depestre
« L’instinctive naïveté du poète est la semblance
derrière laquelle il établit sa vraie science » « Les pays vous laissent : des paroles à gravir,
des pierres entassées, des souffrances à nu. »
Edouard
Glissant
Récapitulatif
L’objectif du metteur en scène et du photographe sera de donner desailes et d’accompagner la construction d’un spectacle, de la
prise de parole à la volonté de transmettre quelque chose au public.L’objectif de l’ensemble de nos ateliers sera de faire basculer les participants d'un point de départ d'une pratique d'arts
appliqués à celle d'auteur de son propre rapport au réel.
Les institutions et associations de Langlet Santy: Nous avons rencontré le centre social, la médiathèque du Bachut, le bibliobus, l’école Jean Giono, le collège Longchambon, les
jardins partagés, la résidence M. Caille, arts et développement, forum réfugiés et une grandes parties des personnes qui les animent.
Nous avons semé nos idées et nos propositions : René Depestre et le labyrinthe, la photo et le théatre.
Qu’est ce qui peut germer ?
qu’est ce qu’on tisse ensemble ?
Les ateliers mis en place…
Atelier poésie adulte le vendredi de 14h à 16h au centre social Atelier poésie à la résidence M.Caille le mardi de 15h à 17h Atelier ados poésie/photo le mercredi de 14h à 16h Atelier photo à l’école j.Giono (5 séances) Les ballades poétiques le vendredi de 10h30 à 12h Le jardin de poésie le vendredi de 17h à 19h (5 séances)
« Je tente de trouver les voies et les moyens de cesser d’être un rebelle et de me positionner en guerrier de
l’imaginaire. Entre ces deux postures la distance est infinie. Le rebelle résiste, recherche le pouvoir en renversant les termes de la domination. Le guerrier lui décide de son champ de bataille
et tente d’imaginer un autre monde. Imaginer c’est créer. La création, tout comme la chose vivante, n’est pas un pouvoir : c’est une puissance faite de doutes, de tremblements, de fragilités
et de toutes ces choses inutiles que le capitalisme financier ignore. »
Patrick Chamoiseau
«Ma vie jeune décidée fumante réinvente un monde à neuf à son horizon »
Cette résidence à langlet santy aura commencé avec les soulèvements des pays africains, la guerre en
Lybie et surtout le tsunami au Japon et les rejets radioactifs de la centrale nucléaire dans l’univers…
« Le poète à l’affût des obscures nouvelles du monde,
nous rendra les délices du langage le plus pur,
celui de l’homme de la rue,
de la femme, de l’enfant et du fou.
Si l’on voulait il n’y aurait que des merveilles.
Ecoutons-les sans réfléchir et répondons nous serons entendus. »
Paul Eluard
A propos de Labyrinthe…
Le labyrinthe a une double fonction : désorienter celui qui s’introduirait comme
« voleur » de trésor, de sens ou de pouvoir et aussi créer et protéger le centre.
Si le labyrinthe peut être dansé, il est surtout marché.
C’est ainsi que le pèlerinage de la Mecque comporte des circonvolutions autour de la Kaaba. C’est ce
qu’on appelle la « tafa » mot arabe signifiant « atteindre le sommet d’une chose en tournant autour d’elle ».
La kaaba pour le pèlerin c’est le centre de l’univers, l’axe du monde mais c’est aussi son propre
cœur, sa propre intelligence des choses divines et cachées.
Le labyrinthe est chemin à parcourir…
« J’écris le fil des jours pour ne pas oublier.
Je tisse des phrases dans une grande boîte carrée, pendant des mois.
Un beau matin,
la souris déchire les feuilles.
J’écris dans ma tête en marchant. Les mots s’envolent et le vent les offre aux oiseaux. J’écris des lambeaux
d’enfance à réinventer. J’écris des petites choses sans importance, pour donner des couleurs aux joues pâles de la mélancolie. »
Marie Thérèse
(atelier d’écriture avec Patrick Chamoiseau)
A langlet santy les paquerettes sont sortis et seront bientôt remplacé
par les pissenlits
Près de la résidence madeleine caille, à côté du petit square un groupe de jeunes discutent,
à quelques mètres un groupe de vieux discutent
....il y a encore des bancs
« Je te parle tombé sur le bord de la route
et l’arc en ciel est fait des larmes que je couds »
Louis Aragon
Réflexions artistiques
le
labyrinthe ou l’art de l’égarement…
« Tout artiste chemine vers une compréhension de l’art qui est le sien. Et il passe généralement sa vie à
cheminer sans fin, à se construire dans ce chemin. En fait on chemine vers son art pour ne pas y arriver : on demeure désirant… »
Patrick Chamoiseau
« Célébrer le chemin, l’itinéraire est une référence fondamentale de la vision poétique et
mystique. »
Mahmoud Darwich
« L’homme qui est en harmonie parfaite avec sa société, sa culture, avec lui-même ne peut être un créateur.
Il lui faut une sorte de tension intérieure pour transgresser les règles, condition nécessaire de toute création. La disposition vitale au renouvellement est le ferment du besoin de
créer. »